A NOS AILLEURS

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Les cinquantièmes hurlants sont des latitudes situées entre le 50e et 60e parallèle dans la zone de l’océan austral. Ce nom est lié aux vents violents que l’on trouve dans cette région. On entend parfois les marins dirent : «sous 40 degrés, il n’y a plus de loi, mais sous 50 degrés, il n’y a plus de Dieu».

Bien que vivant entre l’Algérie, l’Espagne et la France, les personnages de ces histoires semblent cheminer contre vents et marées, dans un couloir où ces vents hurlants tempêtent leurs vies. On pourrait appeler ces remue-ménages célestes : guerres, accidents, séparations, maladies, dépressions… Disons que les vents tracent un sillon dans lequel ces personnages tentent d’avancer, inlassablement, génération après génération.

 

Équipe artistique

 

D’après des textes de Marc Pastor, Natacha Räber et Evelyne Torroglosa

Conception et mise en scène : Nicolas Pichot

Regard extérieur à l’écriture : Léila Anis

Comédiens : Marc Pastor, Evelyne Torroglosa, Natacha Räber et Tony Bruneau.

Création musicale : Tony Bruneau

Création lumière : Natacha Räber

Chargée de production: Virginie Espana

Administration: Edwige Ripamonti

Etapes de travail

 

Janvier-Avril 2018 : Lectures, réflexions, discussions, improvisations…et début du travail d’écriture à l’Imprimerie, lieu de Recherche et de Création de la Compagnie de l’Astrolabe.

Octobre 2018 : Résidence d’écriture au Théâtre de l’Adresse (Avignon) en présence de l’autrice Leila Anis.

Novembre 2018 : Résidence d’écriture à l’Imprimerie.

Février-Avril 2019 : Travail sur les 3 textes en cours d’A nos ailleurs pour une première mise en voix à l’Imprimerie.

18 novembre 2019 : Présentation d’une lecture en espace dans le cadre de la programmation du théâtre du Chai du Terral à St Jean de Vedas

Automne – hivers 2020 : Répétition du spectacle (recherche de résidence en cours)

Création : Janvier-Février 2021 au Théâtre Jean- Claude Carrière dans le cadre de la programmation du Domaine d’O.

Production : Compagnie de l’Astrolabe

Coproductions : Domaine d’O (Montpellier), le théâtre du Chai du Terral (St Jean de Vedas)

Soutien à la création et accueil en résidence : Théâtre dans les Vignes (Couffoulens), le théâtre du Chai du Terral (St Jean de Vedas)

Genèse:

Nous ne savons plus précisément comment le mot « partir » s’est invité dans nos réflexions autour de la prochaine création de la Compagnie. Peut-être l’image omniprésente des migrants fuyant la guerre ou la pauvreté ces dernières années, la peur et le rejet qu’ils suscitent, en ont-ils été la cause ?

La nécessité d’écrire s’est en tout cas imposée lorsque nous avons décidé d’explorer ce mot, « partir », et la résonance que cela a créée chez chacun d’entre nous. Les départs précipités ou volontaires, qui ont constitués nos histoires familiales et personnelles nous ont poussés à prendre un stylo, une feuille, et à écrire. Avec urgence, doute, bienveillance, passion… Non pas dans le but d’écrire un texte théâtral au départ, mais comme des archéologues ou des spéléologues, mettant à jour les vestiges de nos histoires intimes, reconstituant des squelettes entiers à partir d’un petit morceau d’os de mémoire, plongeant dans les gouffres inexplorés de nos passés. Parce que nous croyons à l’importance de cette mémoire pour mettre le monde en lumière, nous comprendre, comprendre le présent et envisager l’avenir.

Les départs de nos aïeux, de nos parents ou de nous mêmes ont fondé nos vies. Ces «migrations» ont pu être subies, forcées, contraintes. Elles ont pu aussi être choisies, décidées, espérées. On a pu migrer vers un autre pays ou vers une autre ville, migrer en quittant son enfance ou la vie…

Ainsi, depuis un an, nous malmenons nos agendas afin de nous réunir tous les trois le plus régulièrement possible. Nous tissons petit à petit un texte à la fois choral et individuel, collectif et personnel. Il s’agit à travers ces trois écritures d’une descente abyssale dans l’histoire de trois êtres. Les avancées se font par strates. On y entend gronder les fantômes de nos histoires. L’humour surgit parfois, le sensible y tremble souvent. Peu à peu, nous descendons dans les souterrains de l’intime. Des failles nous amènent plus loin dans l’obscurité́ où la violence des enfances et des guerres apparait. Les différentes époques s’entremêlent et nous finissons par remonter à toute vitesse à la surface. La fin sera brillante et libératrice.

Nos strates y sont comme des « Ailleurs » dont nous sommes faits. Et ce texte est un hommage aux histoires enfouies, aux êtres, que nous oublions trop souvent. Nos récits sont constitués de vécus réels, nos réalités se transposent, nos intimes deviendront universels. Nous l’espérons. Nos textes sont loin d’être achevés, d’autres étapes d’écriture sont à venir. Ce travail nous place à un tournant de l’histoire de notre compagnie. Les différents temps d’écriture que nous avons traversés nous ont dévoilés les uns aux autres ou à nous même. Nos fragilités partagées ont accentué nos confiances réciproques.

Natacha Räber, Evelyne Torroglosa et Marc Pastor